La Greffe

Dans certaines de ces maladies, une transplantation de moelle osseuse peut être envisagée pour parvenir à la guérison.

  • Les problèmes de compatibilité

Si le traitement par une transplantation de moelle osseuse est choisi, il faut trouver un donneur compatible avec le malade.

Comme pour toutes les allogreffes, la compatibilité entre le donneur et le receveur est un problème important à résoudre. Afin d’augmenter au maximum les chances de succès de la greffe, il faut que la compatibilité HLA (ou histocompatibilité) entre le donneur et le receveur, soit la plus élevée possible.

  • Le système HLA

Le système HLA (Human Leucocytes Antigen) est le système qui permet au corps et à son système immunitaire de reconnaître le Soi, du non-Soi.

Chaque corps humain possède un code HLA qui lui est propre et qui se retrouve à la surface de ses cellules. Ainsi, tout corps étranger ou cellule, qui ne présente pas les ‘bonsmarqueurs HLA à sa surface, se fait attaquer par le système immunitaire.

Malgré cette difficulté, les codes HLA du donneur et du receveur doivent être le plus proches possible, afin de permettre aux cellules du donneur de prendre place dans le corps du receveur, sans pour autant déclencher une réaction de rejet.

Dans le cadre de la transplantation de moelle osseuse, le système immunitaire du receveur est très affaibli ou inexistant (chimiothérapie, radiothérapie). Ce n’est pas lui qui va être à l’origine de la réaction de rejet. Ce sont les cellules greffées du donneur, qui devraient produire le nouveau système immunitaire du malade, qui vont attaquer les tissus du receveur, perçus comme hostiles, comme du non-Soi.

La greffe consiste, après chimiothérapie, en une transfusion chez un malade, de CSH ou de moelle osseuse.

  • Trouver un donneur compatible

À la recherche d’un donneur, le médecin va d’abord se retourner vers les différents membres de la fratrie (frères et sœurs) du malade pour retrouver les mêmes marqueurs HLA.

En effet, il existe une chance sur 4 pour que deux membres d’une fratrie possèdent le même code HLA : un enfant reçoit un chromosome n°6 de son père et un autre de sa mère, qui en possèdent également chacun deux exemplaires. L’enfant va donc hériter d’une des quatre combinaisons de chromosomes possibles.


Si, cependant aucun des membres de la fratrie ne possède le même code HLA que le malade, alors le médecin va chercher dans le fichier mondial de donneurs qui recense plus de 19 millions de volontaires, inscrits avec leurs informations HLA.

Si aucun des volontaires enregistrés n’est compatible, on peut se tourner vers une greffe de sang placentaire.

  • LES GREFFES DE CELLULES SOUCHES HEMATOPOÏETIQUES (CSH) OU DE MOELLE OSSEUSE

Il existe plusieurs formes de greffes :

  • L’autogreffe, quand le greffon est prélevé sur le malade lui-même
  • L’allogreffe apparentée, quand le greffon provient d’un donneur apparenté: frère ou soeur
  • L’allogreffe non-apparentée, lorsqu’il s’agit d’un donneur inscrit sur fichiers
  • La greffe de sang placentaire, appelée aussi, greffe de sang de cordon peut-être utilisée en alternative à la greffe de moelle osseuse « classique », pour des malades, enfants ou adultes.

Le sang placentaire ou sang de cordon est prélevé au moment de l’accouchement (totalement indolore pour la mère et l’enfant) . Il est ensuite analysé (typage HLA) avant d’être congelé et mis sur fichier.

Les cellules souches de la moelle ou du sang placentaire, sont ensuite réinjectées au malade (comme une perfusion) par voie intraveineuse.

Si ce type de greffe est la plus facile à réaliser sur le plan « chirurgical », elle présente de grandes difficultés immunologiques, car il faut qu’il y ait compatibilité entre les cellules souches du malade et celles du greffon, quand elles proviennent d’un donneur (allogreffe).

Après la greffe, les cellules souches transfusées se fixent progressivement dans les os du malade et redonnent à la moelle sa capacité à produire des cellules souches.

Durant les semaines/mois qui suivent la greffe, le malade demeure sensible aux infections. Des soins restent nécessaires et on a recourt à des transfusions de globules rouges et plaquettes en attendant que la moelle reprenne son activité. Le retour à un état « normal » des défenses immunitaires se fait progressivement.